J’avançais dans la neige
et le froid comme un forcené depuis plus de deux semaines.
Mon 4x4 m’avait abandonné deux jours plus tôt.
Je l’avais échangé dans un de ces villages
russes perdus au milieu de la Sibérie contre un simple
traîneau tiré par deux couples de chiens fatigués
par l’âge. Quand je souffrais trop du froid, je repensais
aux motivations qui m’avaient conduit jusque là.
Me faire ma place au soleil, voilà ce que je me répétais
sans cesse en organisant cette expédition de fou. Quelle
ironie pour un tel voyage au milieu du froid et de l’immensité
sibériens ! Il s’agissait bien pourtant de devenir
un personnage incontournable de ma commanderie. Il suffisait de
porter ce manteau noir. Je devais passer au blanc, symbole de
ma pureté et de mon engagement envers le temple. J’avais
donc pris l’initiative de me livrer seul dans cette entreprise
suicidaire qui consistait à aller récupérer
un objet de pouvoir dans la cache d’une de ces créatures
du Diable. Ces monstres qui ne pensent qu’à asservir
l’humanité ! J’en avais peur mais ma foi
en le Temple et en la venue de Tubalcaan étaient inébranlable
et ô combien plus tenace que ma peur. Je savais qu’en
rentrant mes maîtres seraient très en colère
de ce que j’avais fait mais qu’ils s’amadoueraient
vite en voyant ce que je leur aurais rapporté.
J’apercevais au loin les prémices du promontoire
rocheux qui devait abriter sa cache. Je ne connaissais pas le
nom de cette créature mais par contre je savais qu’il
détenait un pouvoir très puissant. J’avais
réussi à me procurer un petit automatique en 9 mm
mais je n’étais même pas sûr que cela
suffirait en cas de confrontation directe. Certains de mes amis
m’avaient raconté de telles légendes que je
craignais vraiment le pire. Je fouillai dans ma poche pour y trouver
l’arme et je l’armai presque par réflexe lorsque
la peur commençait à s’instiller doucement
dans mes veines. Quelques gouttes de sueur perlaient à
mon front malgré le froid glacial qui régnait à
cet endroit du globe. Je m’allongeai dans la neige et sortit
une paire de jumelles pour observer les environs. Tout était
calme. Pas un bruit, ni un seul mouvement perceptible. Je décidai
de finir à pied sans le traîneau.
D’après les informations que j’avais prises
avant de quitter la France, le propriétaire des lieux devait
se trouver aux Etats-Unis pour quelques jours encore. Cependant,
je craignais qu’il ait laissé là quelque ami
à lui, chargé de protéger ses biens. Tout
en maudissant une fois de plus le climat sibérien, je me
retrouvais au pied de la masse rocheuse et il ne me restait plus
qu’à pratiquer quelques mètres d’escalade
pour atteindre la porte qui bloquait l’entrée de
ce repaire. Cet exercice m’était, par chance et surtout
par entraînement, assez coutumier. Cela me rendit l’entreprise
plus aisée et je fus en moins de quinze minutes devant
une porte en pierre, taillée à même le roc.
Elle devait mesurer au moins trois mètres de haut et autant
de large. Elle était composée d’un unique
battant qui semblait s’ouvrir vers l’extérieur
si on le tirait suffisamment fort à l’aide d’un
anneau de bronze massif qui pendait au milieu comme pour inviter
le visiteur à le saisir franchement. Porté par l’excitation,
c’est ce que je fis sans attendre.
Je ressentis aussitôt la douleur qui vrillait ma main.
On aurait crû qu’une dizaine de lames de rasoir avaient
subitement jailli de la poignée de bronze pour s’enfoncer
profondément dans mes chairs. Pourtant je ne pouvais rien
voir de suspect sur ce maudit anneau. Le sang coulait abondamment
de ma main et faisait fondre la neige à chaque goutte qui
tombait. Rapidement une petite flaque de sang et de neige fondue
décorait l’entrée comme un horrible paillasson
macabre qui désormais n’invitait plus à entrer
mais au contraire à fuit à grandes enjambées.
Il me fallut faire appel à toute ma volonté pour
oser porter la main une seconde fois sur l’anneau. Je m’étais
bandé la main au préalable avec deux grosses lanières
de cuir qui me servaient de ceinture. J’approchais lentement
de l’anneau et guettais la moindre réaction du métal
mais rien ne se passait tant que je ne touchais pas la poignée.
Dès que ce fut fait, la douleur fut cette fois encore plus
intense. Ma main se paralysa aussitôt et je me retrouvai
à genoux priant Dieux et Diables de venir à mon
secours face à cette magie à laquelle je ne comprenais
rien. J’avais enduré le froid, la faim et je me retrouvais
bloqué par une porte qui refusait de se laisser ouvrir.
C’était ridicule et lorsque je me fus soigné,
je décidai de prendre le problème sous un autre
angle et d’éviter de toucher la poignée pour
faire pression sur la porte elle-même.
Je devais y retourner deux bonnes heures après mon premier
essai. Je décidai de ne pas exposer mon autre main afin
qu’elle reste valide et entrepris donc de pousser le battant
de la main gauche afin de voir s’il pouvait bouger dans
ce sens. Puisant une nouvelle fois dans ma volonté, renforcée
heureusement par les heures d’entraînement reçues
à la commanderie, je posais franchement ma main sur le
battant de la porte. Rien. Pas de douleur, ni le moindre petit
signe d’activité de cette foutue entrée. La
pierre ne bougeait pas d’un millimètre lorsque je
poussais de tout mon poids. J’entrepris alors d’effectuer
ma pression à un autre endroit. Je décalai ma main
vers la droite pour avoir le plus grand bras de levier possible
lorsque, soudain, la pierre fut animée d’une sorte
de mouvement marécageux. Mon avant-bras s’enfonça
aussitôt de trente bons centimètres dans la roche
qui se solidifia de nouveau avant que je n’aie eu le temps
de le retirer. Puis une pression commença à s’exercer
sur mon membre prisonnier. Il m’était impossible
de retirer mon bras et alors que j’allais perdre connaissance
assailli par trop de douleur, je sentis mon os se brise sous la
force exercée. Je sombrai dans l’inconscience, poupée
de cire tragique accrochée à la paroi comme à
un rêve transformé en cauchemar.
Je me réveillai bien plus tard dans une chambre d’hôpital
à Moscou. On m’avait amputé du bras gauche
et on m’avait soigné pour une hypothermie sévère.
Je ne saurai peut-être jamais qui m’avait tiré
de là. Je ne trouvai dans mes poches qu’un petit
mot écrit dans une langue que je ne connaissais pas et
qui s’avéra être de l’hébreu qui
disait : « Ce n’est qu’un moment d’égarement
dans ta vie, tu trouveras ta voie aussi, sois patient fils du
Soleil. »
Armand de la Grange
Adopté du Bâton
*****
Afin de protéger vos secrets des regards curieux en ces
périodes de guerre occulte, voici à votre disposition
les règles de création de glyphes de garde. Ces
petits sorts permettent de réserver l’accès
à un meuble ou à un local à ceux que le mage
aura choisis. Les conséquences pour celui qui n’est
pas invité sont terribles. Mieux vaut regarder à
deux fois avant d’ouvrir une porte désormais !
Suite à la nouvelle édition, les glyphes de garde
sont devenus des habitus de Transformer.
Glyphe de garde simulacre/animal
Niveau : Compagnon (-2)
Elément: Eau
Analogie : secret > protection
durée: 1 année
Portée: au toucher
Cible: n’importe quel objet inerte
Dégâts : La manière dont sont infligés
les dégâts dépend de la matière support
mais les dégâts sont toujours assez meurtriers avec
3 de dégât.
Effet: Le glyphe de garde est une protection contre les intrusions.
Il se crée et se dépose sur la matière (porte,
serrure, vitre, coffre...). Il n'est visible qu'après un
examen minutieux en vision ka et si on le cherche sous forme de
gravure dans la surface de la matière. Il a la couleur
légèrement bleutée de l’eau et semble
mouvant à la surface de la matière.
Le sort permet de transformer les propriétés de
la matière qui réagira toujours agressivement envers
celui qui touche le glyphe.
Par contact avec le glyphe, la cible endure un certain nombre
d'effets désagréables en fonction de la matière
sur laquelle a été déposé le glyphe.
Les effets cessent lorsque le contact est rompu. Pour rompre
le contact avec le glyphe il faut réussir un jet d’Initié
peu difficile. Les dégâts s’accumulent sinon
à chaque tour.
Surface humide : la matière se met à vouloir absorber
toute forme de liquide. Un contact avec la main entraîne
immédiatement une dessiccation sévère de
la cible. Chaque tour passé à toucher le glyphe
nécessite un jet d’endurant.
Bois : Le bois se déforme et emprisonne la main de celui
qui le touche et serre très puissamment l’imprudent.
Métal : Le métal se réarrange de sorte qu’il
devienne extrêmement coupant au point de lacérer
la cible.
Pierre : La main se fait emprisonner dans la pierre et de multiples
gravats sont enfoncés dans les chairs.
Etc. Le MJ est invité à improviser en fonction
des éléments mis en jeu.
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Glyphe de garde Nephilim
Niveau : Maître (-2)
Elément: Eau
Analogie : secret > protection
durée: 1 année
Portée: au toucher
Cible: n’importe quel objet inerte
Dégâts : Les dégâts infligés
sont de nature magique et sont assez meurtriers de niveau 3.
Effet : Ici les effets sont bien plus puissants puisque
c’est directement une attaque magique que doit subir le
curieux. En fait, le magicien a réussi à concentrer
une partie des champs magiques dans la matière de ce qu’il
veut protéger. Ces champs magiques sont concentrés
et ne demandent qu’à être libérés
de façon explosive au moment où la cible les touche.
La nature de l’élément magique qui est libéré
dépend de la matière sur laquelle le glyphe a été
déposé. (Voir les correspondance analogique dans
la table analogique).
Exemples :
Feu : fer, acier, bronze…
Air : Aluminium, étain…
Terre : Bois, pierre…
Eau : Nacre, corail…
Lune : Argent, chrome…
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Glyphe de garde êtres magiques et créatures
de kabbale
Niveau : Maître (-2)
Elément: Eau
Analogie : secret > protection
durée: 1 année
Portée: au toucher
Cible: n’importe quel objet inerte
Dégâts : Les dégâts infligés
sont de nature magique et sont assez meurtriers de niveau 3.
Effet: On oppose le niveau d’initié en Ka dominant
du lanceur au niveau d’Initié de la créature,
c’est la créature qui est active pour ce test. En
cas de réussite la créature est tout de même
repoussée, en cas d'échec elle est repoussée
et perd un niveau d’initié. En cas d'échec
critique la créature est dissoute dans les champs magiques
ou retourne dans son monde d'origine. En cas de réussite
critique, le glyphe est inefficace. Lorsqu’une créature
doit être réduite à moins que Pas initié,
elle est renvoyée dans son monde d’origine ou dissoute
dans les champs magiques.
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N.B. : Toutes les règles de résistance à
la magie et aux dégâts magiques s’appliquent
à l’égard des glyphes.
Règles sur les protections magiques
On ne peut pas superposer plusieurs glyphes. Chaque glyphe a
une surface de 10 cm de côté. Sur une serrure ou
une porte, on doit poser le glyphe de sorte qu'il soit touché
par l'éventuel intrus. A chacun de bien placer ses glyphes.
Un glyphe peut être annulé par un humain initié
ou par un Nephilim.
La procédure est la suivante:
Le personnage qui souhaite ôter le glyphe doit tenter un
test de Ka dominant avec le niveau d’initié du magicien
ayant posé le glyphe comme difficulté. Ceci est
assorti d’un malus de -2 lorsque le personnage a déjà
subit une fois les dégâts du glyphe.
En cas de réussite, celui qui tente d'annuler le glyphe
doit l'absorber magiquement en sacrifiant une puce de Ka ou un
niveau d’initié de Ka soleil. La perte de Ka dominant
est définitive tandis que la perte d’un niveau d’Initié
en Ka soleil est temporaire.
Il est possible de rendre un glyphe permanent ou au moins de
le faire durer plus longtemps. Il faut pour cela lui donner plus
d'énergie magique ce qui se traduit par un malus supplémentaire
sur la table générique de magie.
Signature des glyphes
Il existe une possibilité de signer les glyphes afin de
garder une possibilité de passer sans le déclencher.
A n'importe quel moment, le signataire se présente devant
le glyphe avec le magicien qui l'a posé. Le magicien fait
un jet de Ka dominant modifié par son niveau en transformer
à Assez difficile. Puis le signataire doit sacrifier une
puce de Ka dominant. Le rituel prend une heure. En cas d'échec
critique au jet de Ka, le glyphe est définitivement réfractaire
à ce Nephilim, il ne pourra jamais être reconnu par
ce glyphe.
Une fois le rituel effectué et réussi, le Nephilim
est reconnu par le glyphe tant que celui-ci reste actif. Il n'y
a pas de limite au nombre de signataires que peut comporter un
glyphe. C'est ce qui arrange beaucoup les fraternités de
Nephilim qui partagent les mêmes lieux de rencontres.
Il est bien évident qu'un Nephilim qui a posé un
glyphe n'est jamais affecté par les effets de son propre
glyphe, il en est automatiquement signataire.
Remerciement à Samuel Quignon pour les règles
de signatures des glyphes.