1. De la religion antique égyptienne
Je n'ai pas terminer mes recherches sur les templiers, mais,
en continuant sur la piste d'Ascelpios (la piste égyptienne),
j'ai fait une découverte intéressante sur les pharaons
et leur rites funéraires... Je vous en laisse juges, frères
des cinq éléments...
La complexité de la religion funéraire résulte
de la conception égyptienne de la personnalité humaine,
et de ce que cette conception a évolué au cours
des siècles sans que jamais les croyances nouvelles oblitèrent
complètement les croyances anciennes. La personnalité
humaine, en Égypte, comprend, associés au corps,
non pas un mais plusieurs principes spirituels. Dans une certaine
mesure, ceux-ci sont libérés par la mort, tout en
gardant des liens avec le cadavre qui continue à vivre
dans le monde souterrain.
Cette croyance à une pluralité d'âmes est
tellement ancrée dans l'esprit des Égyptiens que,
lors de la pénétration du christianisme, ils ne
trouveront pas de mot dans leur langue pour traduire le concept
de l'âme selon la nouvelle religion. Ils devront emprunter
le mot grec Quhc pour le désigner, aucun des principes
spirituels qu'ils connaissaient ne pouvant convenir. Nous éprouvons
d'ailleurs, en sens inverse, la même difficulté à
cerner la signification réelle des diverses entités
qui composent la personnalité égyptienne.
Tout Égyptien possédait, en plus d'un corps matériel,
djet : - un akh , principe immortel qui, après la mort,
est l'esprit, au sens de fantôme. Les Coptes y voient le
"démon", sans doute dans le sens du grec daimyn.
L'akh est aussi la force divine. Il est représenté
par un ibis. À l'origine, seul le roi et les dieux possédaient
l'akh, c'est par évolution que les simples mortels en furent
dotés; - un ba , principe spirituel lui aussi, qui reprend
sa liberté après la mort. Il est symbolisé
par un oiseau à tête humaine. C'est le plus indépendant
des principes spirituels par rapport au support matériel
qu'est le corps; - un ka , qui constitue le principe le plus difficile
à définir: on l'a décrit comme l'"énergie
vitale", ou la "force qui entretient la vie".
L'expression "passer à son ka ", qui signifie
mourir, semblerait indiquer que ce principe mène une existence
indépendante durant la vie sur terre, bien que, suivant
l'iconographie, il soit façonné en même temps
que le corps (djet ). C'est au ka du défunt que sont apportées
les offrandes alimentaires, et les prêtres funéraires
sont appelés les "serviteurs du ka ". Pour se
perpétuer, le ka semble avoir besoin d'un support: cadavre
devenu impérissable par la momification et, à son
défaut, statue ou simple image gravée ou peinte;
- en plus de l'akh , du ba et du ka , la personnalité comporte
encore un shouyt , une ombre, que possèdent également
les dieux. Enfin, le nom de l'individu est vivant. Il suffit de
le prononcer ou de l'évoquer, même après la
mort, pour perpétuer l'existence de celui qui le porte.
Cette interprétation du ka dans la religion égyptienne
ets fortement intéressante et je suggère donc pour
tous la réservation de billets pour un vol Paris-Alexandrie...
De plus, la vision historique de Karnak n'est pas mal non plus,
je vous en fait un rapide résumé.
Ogma
2. De Karnak
Derrière leurs hautes enceintes de brique crue, les monuments
de Karnak, qui couvrent plus de 100 hectares sur la rive orientale
du Nil, constituent encore l'ensemble monumental le plus imposant
d'Égypte. Pourtant, jusqu'au milieu du XIXe siècle
dernier, le site était la proie des carriers, des chaufourniers
et des pillards; bon nombre de ses constructions ont totalement
disparu. Des vestiges du Moyen Empire attestent l'importance du
site dès cette époque. Amon, supplantant Montou,
devient le dieu principal de la région thébaine
et bientôt le "roi des dieux". Désormais,
jusqu'à la fin de la civilisation égyptienne, Karnak
reste le centre religieux de l'Empire; son dieu (sous la forme
solarisée d'Amon-Rê) et son clergé acquièrent
une puissance prodigieuse qui menace l'institution pharaonique
elle-même.
La construction la plus importante de l'ensemble de Karnak est
le grand temple d'Amon-Rê. Son plan très complexe
témoigne des vicissitudes nombreuses de l'histoire pharaonique.
L'entrée du temple, à l'ouest, est marquée
par un pylône monumental (le premier pylône) donnant
accès à une vaste cour. Entre le deuxième
et le troisième pylône se dresse la grande salle
hypostyle qui mesure 103 mètres de largeur sur 52 mètres
de profondeur et qui renferme une forêt de 134 colonnes
colossales. Celles de l'allée centrale, d'une hauteur de
22,40 m, sont surmontées de chapiteaux en forme d'ombelles
de papyrus épanouis, tandis que celles des bas-côtés,
moins éclairés, s'ornent d'une fleur en bouton et
mesurent (seulement) 14,74 m.Bien que massives, ces colonnes ne
donnent aucune impression de lourdeur; les noms de Séti
Ier et Ramsès II s'y lisent, répétés
indéfiniment. Au-delà du IVe pylône commence
le sanctuaire proprement dit, comprenant salle hypostyle, reposoir
de barque et saint des saints, où s'accomplissaient les
rituels de culte.
L'axe nord-sud, quant à lui, correspond à une immense
allée processionnelle faisant alterner cours et pylônes.
Un vaste lac sacré correspond au plan de la nappe d'eau
primordiale; des cérémonies rituelles pouvaient
y être célébrées. De très nombreux
édifices secondaires complètent le grand temple
d'Amon, à l'intérieur de l'enceinte de celui-ci
ou à proximité: chapelles d'Osiris, expression de
cultes populaires, dédiées en particulier par les
Divines Adoratrices, temple de Ptah, temple d'Opet. C'est dans
l'enceinte d'Amon que se trouvait le temple du dieu-enfant de
la triade, Khonsou. D'une ordonnance régulière,
il offre un plan en quelque sorte classique. Plus au sud, une
vaste enceinte groupait les édifices dédiés
à la déesse-épouse Mout; le temple principal
domine un lac en demi-cercle. De très nombreuses statues
de lionnes semblent garder encore aujourd'hui ces ruines qui restèrent
longtemps abandonnées, mais qui peu à peu sortent
de l'oubli grâce aux fouilles menées depuis la fin
des années 1970 par la Mut Expédition sous l'égide
du Brooklyn Museum de New York. Karnak étant une fondation
d'Akhenaton, j'ai fait encore un dépoussiérage rapide
de son histoire humaine...
Ogma
3. D'Akhenaton
Lorsque le fils aîné d'Aménophis III monta
sur le trône d'Égypte à la fin du premier
tiers du XIVe siècle avant notre ère, il portait
encore son nom de naissance, Aménophis, le quatrième
de la XVIIIe dynastie. Le jour de son sacre, il reçut son
prénom de couronnement, Néferkhéperourê,
qu'il aurait dû porter désormais. Mais quelques années
après - quatre au minimum, six au maximum - le jeune roi
choisit de faire figurer dans son protocole le vocable d'Akhenatonsous
lequel on le désignera jusqu'à sa mort. Problèmes
chronologiques du règne d'Akhenaton
Les dates qui concernent la fin de la XVIIIe dynastie ne sont
pas établies avec certitude, et de nombreuses discussions
opposent encore les égyptologues à propos de toute
la période dite amarnienne. Les uns situent la mort d'Akhenaton
en 1372. D'autres - mais ce ne sont pas les seules écoles
- la placent vers 1379. Quant à la durée du règne
du roi, elle ne semble pas avoir dépassé dix-huit
ou dix-neuf ans. Un autre problème se présente à
propos d'Aménophis IV-Akhenaton: a-t-il été,
comme certains monuments permettraient de le déceler, corégent
avec son père pendant plusieurs années, ou, au contraire,
pendant deux ou trois ans au plus?
Dans l'état actuel des connaissances égyptologiques,
il est bien difficile de prendre position exactement, car aucun
document ne nous indique clairement que telle année du
gouvernement du père correspond à telle année
de celui du fils. Néanmoins, beaucoup d'éléments
incitent à penser que les premières années
du règne du fils ont été contemporaines des
dernières années d'Aménophis III. Au reste,
la dynastie a livré plusieurs exemples de corégence
entre un souverain et son successeur, et le fait ne serait aucunement
nouveau. Tant que la question de la corégence entre Aménophis
III et son fils Akhenaton ne sera pas élucidée,
il sera, en conséquence, malaisé de placer exactement
Toutankhamon dans l'histoire.
Si, pour une période, deux souverains règnent conjointement,
leurs successeurs immédiats occupent, dans l'histoire,
une place plus haute que celle où l'on devra les faire
figurer si les règnes précédents sont mis
bout à bout au lieu de se chevaucher. Ceux qui refusent
actuellement de considérer une corégence Aménophis
III-Akhenaton, qui aurait duré plus de deux ou trois ans,
sont donc obligés d'abaisser le début de la XIXe
dynastie d'une douzaine d'années. Les débuts du
règne Quoi qu'il en soit, les premières années
d'Aménophis IV-Akhenaton, corégent, se déroulent
à Thèbes. Au palais de Malgatta, son père,
Aménophis III, vit avec la reine Tiyi, mère d'Aménophis
IV.
Le jeune souverain est marié avec une princesse d'une
extrême beauté, Nofretiti (ou Nefertiti), dont certains
historiens ont voulu faire, sans raison valable, une princesse
mitanienne. Comme pour presque tous les personnages qui entourent
la famille royale, un assez grand mystère subsiste encore
et la plupart des arbres généalogiques sont impossibles
à dresser. On ne connaît que le nom de la nourrice
de la reine, la dame Ti, mariée au chef de la cavalerie
de sa majesté, Ay, et la sœur de la reine, Moutnedjemet.
On constate, très peu de temps après le couronnement
du fils d'Aménophis III, que le prince héritier
se fait le héros d'une réforme religieuse, qu'il
faut bien davantage appeler hérésie. En effet le
roi n'a pas rompu avec les traditions, mais simplement choisi
de mettre en relief un aspect plus tangible du dieu, qu'il veut
rendre accessible à tous, universel, en cette période
où l'Égypte a pris de profonds contacts avec ses
voisins, et doit maintenant tenir compte de l'évolution
interne du pays.
Dans le site appelé actuellement Karnak, une cité
de temples, au cœur desquels trône la demeure d'Amon,
était le fief des grands prêtres du dieu dynastique.
À l'est de cette enceinte, le jeune roi veut marquer le
programme de sa réforme en faisant ériger un temple
au Soleil levant. Ses intentions sont nettes. Il les exprime dans
des écrits, qui sont de véritables hymnes poétiques
au globe solaire Aton, sans qui rien ne peut vivre: à son
apparition, il donne la force aux êtres et les anime, pour
que la vie se continue. À son coucher, toute forme s'engourdit:
privé du souffle, le monde tombe dans une torpeur, pendant
que, de l'autre côté de l'endroit où le Soleil
a disparu, l'astre se recharge. Aussi bien, les théories
funéraires vont-elles être aménagées,
et le vieux rite osirien sera-t-il exprimé par ce nouveau
concept eschatologique. Ainsi donc, la force initiale, Amon, cachée,
comme son nom l'indiquait, ne représente plus pour le roi
hérétique autre chose que le grand mystère.
Pour tous ses sujets le roi, qui s'appelle maintenant Akhenaton,
"le serviteur du globe Aton", a choisi le vieux nom
solaire cité déjà dans les Textes des pyramides
: Aton, le globe de l'œil solaire, source de toutes choses.
Aton qui, au Moyen Empire, accueille l'image aérienne du
souverain dès sa mort, cette image, "chair divine",
retournant à ce dont elle est issue. D'autre part, le roi
tient à instruire lui-même les artistes de son époque,
car il veut traduire par des formes tangibles l'esprit de sa réforme.
Son temple, à l'est de Karnak, reçoit son image
royale, traitée avec un réalisme surprenant, des
déformations voulues du corps, et sur le visage les marques
de cette introspection, qui s'efforce d'exprimer bien plus les
sentiments intérieurs d'un être que son exact portrait
charnel. Le roi prêche que tout doit être sacrifié
à la vérité, source de l'équilibre,
de la justice, de la vie, reflet du divin. La fondation d'une
nouvelle cité Bientôt, il abandonne Thèbes
et, avec l'assentiment du roi son père, fonde à
375 km au nord du domaine d'Amon une cité nouvelle, qui
se développe rapidement (cf. Tell el-AMARNA). Il y vit
désormais en compagnie de son épouse, de ses courtisans,
de ses hauts fonctionnaires et des six filles que Nofretiti a
mises au monde. Ce sont Méritaton (qui épousera
Smenkhkérê), Maketaton (qui mourra peu après
l'an 12 du règne), puis Ankhsenpaaton (future épouse
du prince Toutankhaton - plus tard Toutankhamon). C'est peu après
la naissance de cette princesse, en l'an 6 du règne, qu'Aménophis
IV devient Akhenaton.
Ensuite naît Nofrenoferouaton-tachéry. Autour de
l'an 9, une cinquième princesse viendra au monde, c'est
Nofrenoferourê. Enfin, vers l'an 10 du règne, naîtra
la dernière fille du couple amarnien, c'est Setepenrê.
La correspondance diplomatique trouvée à Tell el-Amarna
montre à quel point les vassaux asiatiques et asianiques
de pharaon s'étaient libérés des servitudes
respectées depuis les conquêtes du grand Thoutmosis
III. Révoltes, intrigues, alliances avec les ennemis de
l'Empire ont raison des derniers vassaux fidèles de l'Égypte:
les tributs ne sont plus versés. Mais le palais ne réagit
pas et l'on peut soupçonner que le ministre des Affaires
étrangères de pharaon complote peut-être avec
le clergé thébain et le général Horemheb,
qui prépare la chute de la famille hérétique.
Le roi continue a faire ériger des fondations pieuses au
globe Aton dans le temple de Karnak, sans doute jusqu'en l'an
12 de son règne. Après cette date, de grands bouleversements
semblent avoir secoué le palais. On constate en Amarna
que le couple royal ne réside plus dans les palais du centre
de la ville. En revanche, Nofretiti, accompagnée de Ti
et du divin père Ay, de ses quatre dernières filles
et d'un petit prince, Toutankhaton, habite au nord de la cité
hérétique. Quant au roi, il a choisi comme corégent
Smenkhkérê, peut-être son frère cadet,
et a même été jusqu'à lui attribuer
un des prénoms de la reine!
Il semblerait que, dès cette époque, une sorte
de folie destructrice habite l'hérétique: partout
il a fait briser les images d'Amon et écraser dans les
inscriptions son nom, ses épithètes et tout ce qui
a trait aux emblèmes tutélaires de la royauté
de Thèbes. On va même jusqu'à attaquer l'image
du vautour de la déesse Nekhabit et de l'hiéroglyphe
traduisant la ville d'Amon. Les ordres sont donnés pour
que, jusqu'aux confins de la Nubie, les temples soient libérés
des images abhorrées. L'expansion de l'hérésie
La vie d'Akhenaton dans un palais appelé Marouaton, au
sud de sa capitale, aux côtés de Smenkhkérê,
son gendre, et de sa fille aînée, semble s'achever
dans une sorte de délire tragique. À son trépas,
son corégent, qui lui succède, paraît s'être
efforcé de renouer avec la capitale puissante, et peut-être
avec Memphis, ville du sacre par excellence.
L'hérésie, strictement appliquée en Akhetaton
(nom antique de Tell el-Amarna), semblait avoir, pendant toute
la durée du règne, gagné progressivement
et superficiellement tout le pays. Ailleurs qu'en Amarna on "aménageait"
la nouvelle expression de la foi, et on a pu constater que les
nouvelles prières étaient adressées aux anciens
dieux, vénérés grâce à un concept
repensé du divin. Akhenaton fut certainement enterré
dans la capitale hérétique. Sa tombe décorée
n'a livré que des débris de la cuve royale (en partie
reconstituée dans la cour du musée du Caire). Quant
à sa momie, nul ne sait le sort qu'elle connut, si même
elle fut épargnée par l'action impitoyable d'Horemheb,
qui s'attacha à faire disparaître tous les vestiges
de l'hérésie amarnienne. Les égyptologues
s'efforcent, à ce propos, de percer le mystère d'une
momie anonyme royale, remontant à l'époque amarnienne
et trouvée dans la cachette funéraire no 55 de la
Vallée des Rois.
Voilà un résumé rapide que j'ai pu faire.
On retiendra le caractère épuré des informations
que je laisse à vos intérpretations. Je ne vous
fait pas l'affront, car je sais que vous l'avez tous fait, de
vous faire un résumé rapide de l'histoire officielle
des templiers.
Ogma